Votre projet
Ce choix n'est pas simple. Au départ, il y a nos rêves :
un pays auquel on est attaché pour diverses raisons
(souvenir de vacances, racines familiales, attrait
pour la culture…). Puis peu à peu on se rend compte
que nos rêves ne peuvent être assouvis. La première
question à se poser est celle de la couleur de l'enfant.
On est souvent tenté de penser qu'un enfant est un enfant,
peu importe sa couleur. C'est tout à fait vrai.
Mais il importe de réflechir à ce que cela implique d'élever
un enfant qui n'aura pas la même couleur de peau.
Supporterez-vous le regard des autres ?
Qu'en pense votre famille ? Ses futurs grands-parents
sont-ils prêts à l'aimer autant que leurs autres petits-enfants ?
Préparez-vous à l'idée qu'il sera peut-être le seul
“point de couleur” de la grande photo de famille.
Ceux dont la famille est déjà métissée n'ont plus à
se poser cette question. Mais si votre famille est
100% blanche, pensez-y, parlez-en, projetez-vous !
Car mieux vaut être sûr de pouvoir assumer totalement
la couleur de votre enfant, plutôt qu'être pétri de bonnes
intentions, qui dans la réalité pourraient conduire à
l'échec de l'adoption. L'échec est souvent la conséquence
de l'adoption d'un enfant trop éloigné de “l'enfant rêvé”.
Cet echec serait dramatique pour l'enfant.
Autre facteur à prendre en compte, votre lieu de résidence.
Si vous habitez en grande zone urbaine, aucun problème,
le métissage de la population existe déjà. Si en revanche,
vous habitez un petit village de zone rurale, le regard des
autres sera peut-être plus pesant. La sagesse est de savoir
accepter ce que l'on est capable de faire ou ne pas faire.
Il s'agit du projet de votre vie. Se dire que l'on ne pourrait
pas assumer un enfant de couleur n'est pas très
”politiquement correct”, mais c'est votre droit,
il est même de votre devoir de cerner précisément
ce qui engagera toute votre vie.
Il faut ensuite tenir compte des réalités concrètes.
Choisir plusieurs pays
Il faut savoir qu'il est possible de commencer des
démarches dans plusieurs pays.
Selon les destinations jugées plus ou moins à risque,
il est parfois recommandé d'avoir plus d'un projet en
parellèle dans la mesure où un pays peut se fermer du
jour au lendemain. Pensez néanmoins à prévenir vos
interlocuteurs lorsque les démarches aboutissent dans
un pays, afin de ne pas mobiliser inutilement les bénévoles
d'un OAA ou le personnel d'un orphelinat à l'étranger;
vous dégagerez ainsi une place dans une “liste d'attente”
sans doute déjà longue, mais surtout vous éviterez de susciter
de faux espoirs chez un enfant à qui l'on annoncerait un
apparentement, qui finalement n'aurait pas de suite.
Néanmoins, il faut prendre en considération le fait qe le
montage d'un dossier sérieux demade beaucoup d'énergie
et de temps. s'il est raisonnable de prévoir un second dossier,
attention à ne pas multiplier les projets qui risque de
perdre leur cohérence.
Les exigences du pays - relatives à l'adoptant
Avant toute chose, il est nécessaire de s'assurer que les
exigences du pays choisi sont bien compatibles avec sa
situation personnelle (âge des adoptants, situation
matrimoniale, présence ou non d'enfants dans le foyer,
conditions de revenus, etc.).
En effet, ces conditions sont edictées par les pays et
s'imposent aux postulants à l'adoption. En clair,
l'agrément obtenu ne vous donne pas automatiquement le
droit d'adopter dans tous les pays car certains pays ont des
exigences spécifiques extrêmement précises qui éliminent
d'emblée certains candidats.
Ensuite la question économique se pose (coût du projet d'adoption, durée du ou des séjours sur place). Il est donc nécessaire de vérifier ces différents points avant d'engager toute procédure vouée à l'échec.
Les exigences du pays - relatives aux intermédiaires
Les exigences relatives aux intermédiaires sont elles aussi
propres à chaque pays. Ces exigences vont parfois déterminer
le choix du type de parcours par élimination.
Cas 1 : Pays signataires de la Convention de La Haye
Les pays ayant ratifié cette convention n'autorisent pas de
démarche individuelle. Dans la plupart des cas l'AFA est
accréditée dans ces pays et la démarche doit donc s'effectuer
via l'AFA ou lorsque ceux-ci existent via les organismes
français autorisés et habilités pour l'adoption dans ce pays (OAA).
Cas 2 : Pays non signataires de la Convention de La Haye
Lorsqu'un pays n'a pas ratifié la convention, il peut autoriser
les démarches individuelles. Il peut également avoir accrédité
des OAA ou l'AFA. Lorsque ni OAA, ni l'AFA ne sont accrédité,
seule la démarche individuelle reste possible.
Le choix final sera guidé par vos aspirations personnelles et
ce que vous vous sentez capable de gérer. Il est donc
important de bien connaître les aspects positifs et négatifs
de chaque type de parcours dans les pays sélectionnés.